Essais de résistance aux mauvaises herbes en Ontario
Mike Cowbrough et Cesar Cappa – MAAARO (Guelph)
La résistance des mauvaises herbes peut être évaluée à l'aide de deux méthodes : les essais moléculaires et les essais biologiques sur les plantes. Chacune de ces méthodes présente des avantages et des limites.
1. Essais moléculaires
Réalisés par : TurnKey Genomics
Formulaire de soumission : https://turnkeygenomics.ca/sample-submission-forms/
Avantages :
- Prélèvement facile (tissu foliaire).
- Délai d'exécution rapide.
Limites :
- Peuvent produire des faux négatifs si la résistance est attribuable à des mécanismes non liés au site cible, que les essais moléculaires ne peuvent détecter.
- Limités à certaines espèces de mauvaises herbes et à certains groupes d'herbicides.
- Un résultat positif indique une résistance à tout un groupe d'herbicides, même si certains herbicides de ce groupe peuvent encore être efficaces (p. ex., la résistance au groupe 5 peut être attribuable à l'atrazine, mais la métribuzine pourrait quand même être efficace).
2. Essais biologiques sur les plantes
Réalisés par : Laboratoire Tardif, Université de Guelph
Formulaire de soumission : https://www.plant.uoguelph.ca/resistant-weeds
Avantages :
- Permet d'effectuer des essais sur toutes les espèces de mauvaises herbes et tous les groupes d'herbicides.
- Pas de faux négatifs.
Limites :
- Nécessitent des graines matures et viables en quantité suffisante.
- Les essais sont effectués pendant l'hiver, les résultats prennent donc plusieurs mois.
Exemple : Faux négatifs dans les essais moléculaires
Au cours d'un essai moléculaire récent visant à déterminer la résistance de l'amarante tuberculée aux herbicides des groupes 2, 5, 9 et 14, tous les échantillons ont été déclarés sensibles aux groupes 5 et 9 et résistants aux groupes 2 et 14. Cependant, les données historiques issues des essais biologiques démontrent une forte résistance au glyphosate (groupe 9) et à l'atrazine (groupe 5) chez l'amarante tuberculée, ce qui suggère la présence d'une résistance non liée au site cible que les essais moléculaires n'ont pas détectée.
Résumé de l'essai :
- Échantillons soumis : 10 échantillons de feuilles d'amarante tuberculée.
- Méthode : Détection des mutations génétiques liées à la résistance au site cible.
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Groupe 2 |
Groupe 5 |
Groupe 9 |
Groupe 14 |
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Résistant |
Sensible |
Sensible |
Résistant |
Recommandation relative aux pratiques exemplaires
Utiliser des essais moléculaires pour identifier rapidement la résistance du site cible. Tout résultat sensible obtenu à l'issue d'un essai moléculaire doit faire l'objet d'un suivi au moyen d'un essai biologique sur plante.
Dans l'exemple ci-dessus, l'essai moléculaire a rapidement identifié une résistance des groupes 2 et 14 chez l'amarante tuberculée. L'auteur de la soumission doit effectuer un suivi en recueillant des semences et en les soumettant à l'Université de Guelph afin de vérifier la résistance des groupes 5 et 9.
Les essais biologiques sur les plantes demeurent la norme de référence pour les essais de résistance aux herbicides. Bien que les essais moléculaires soient rapides et pratiques, leur incapacité à détecter la résistance hors site signifie que les résultats « sensibles » doivent être interprétés avec prudence.
Vous trouverez ci-dessous une vidéo expliquant comment recueillir correctement des graines de mauvaises herbes pour les essais biologiques.